Flash Info

  • Rejoignez-nous sur notre compte Twitter : @FF_Boxe

Boxe professionnelle

Noël européen pour Attou

Boxe professionnelle
Le 26 Décembre 2017

 

Zakaria Attou (26 v, 2 n, 6 d) a réussi son pari en devenant champion d’Europe des super-welters. Pour cela, il a battu sur le fil, aux points et sur décision partagée (116-111, 111-117 et 115-112), le dur Italien Orlando Fiordigiglio (27 v, 2 d).
 
 
Dix ans jour pour jour après ses débuts chez les rémunérés, l’Yvelinois se voyait donc offrir sa première chance européenne. Certains se plaisaient à y voir un bon augure. Leur favori confortait leurs espoirs en ne ratant pas son entrée en matière. Il fallait ça car le Transalpin était immédiatement dans le vif du sujet avec la fougue et la dureté qu’on lui connaît. Pour cela, il misait sur son bras avant qu’il donnait, tantôt en jab, tantôt en direct, pour ensuite enchaîner en dédoublant son bras arrière, d’abord aux flancs, ensuite au visage. En face, le Français répliquait comme il sait le mieux faire : en contre-attaque, notamment par des crochets courts délivrés dans le temps grâce à sa vitesse de bras et à son coup d’œil. Il n’empêche, il était quelque peu à la peine durant les premiers opus de ce duel. En effet, sa louable stratégie ne suffisait pas toujours à endiguer la fougue de l’Italien, extrêmement explosif et sec dans ses frappes, aussi bien à distance qu’à mi-distance, voire en corps-à corps. C’est d’ailleurs ce dernier qui avançait et se montrait le plus entreprenant. Les remises du Pisciacais lui faisaient donner le change, certes, mais sans pour autant inverser la vapeur. D’autant que les deux protagonistes avaient une fâcheuse tendance à s’accrocher en sortie d’échange, ce qui ne faisait nullement l’affaire du Tricolore qui eût préféré pouvoir enchaîner davantage. D’ailleurs, un violent choc de têtes au sixième round causait des dégâts : une arcade sourcilière ouverte pour le Transalpin, un début d’œuf de pigeon sur la tempe du Français.
 
Auquel le coin indiquait avec pertinence la marche à suivre pour ne pas se laisser engluer et submerger par le style du Napolitain : « Lève les mains, bosse avant lui, combine et pars ! » Plus facile à dire qu’à faire… Une injonction pourtant prémonitoire car dans la quatrième reprise, le chef du service des Sports de Chanteloup-les-Vignes était touché dans les côtes flottantes, trébuchait et se retrouvait accroupi dans les cordes. Bien qu’il ne fût aucunement sonné mais simplement déséquilibré, l’arbitre fit le mauvais choix de le compter. Ce qui eut pour effet de ragaillardir encore plus le visiteur. Se voyant déjà en mesure d’en finir, il accéléra et fit passer un sale moment à l’ancien champion de France, balloté à force d’encaisser des coups de plein fouet au visage. Dans l’ensemble, c’était le Toscan d’adoption qui se montrait le plus actif et le plus vif mais également lui qui imprimait des variations de rythme qui lui permettaient de trouver l’ouverture.
 
« Aujourd’hui, je rentre dans la danse et je suis présent »
 
S’il ne flanchait pas franchement dans la deuxième partie de la confrontation, quelque peu émoussé physiquement, il levait cependant le pied et se montrait tout à la fois moins percutant, moins précis, moins surprenant aussi. La résistance de Zakaria Attou, qui avait plié mais jamais rompu, y était évidemment pour quelque chose. Imperturbablement fidèle à son plan de bataille, il lui manquait parfois un supplément de puissance pour faire vraiment reculer Orlando Fiordigiglio quand bien même s’évertuait-il, lui aussi, à mettre de l’impact dans ses initiatives. Il n’empêche, l’homme de la Botte tentait bien de continuer à jouer les rouleaux compresseurs mais avec insuffisamment d’essence dans le moteur. Si bien que sa boxe perdait tout ce qui faisait sa force : elle devenait plus lisible et moins efficace à mesure que le Francilien l’anticipait avec aisance, esquivant et se déplaçant avec la fluidité et la justesse que sa parfaite condition physique lui autorisait. Le Phénix était en train de renaître de ses cendres et de faire étalage de tout l’éventail technico-tactique qui est le sien, travaillant sans cesse dans le temps, désaxant au moment opportun et délivrant des séries qui atteignaient leurs cibles sous tous les angles.
 
 
Bref, l’affaire devenait d’une insoutenable indécision car le Francilien avait laissé passer l’orage, parfois de grêle, et refaisait à évidence son retard sans se déliter et avec une classe qui marquait les esprits. Les juges n’y restaient pas insensibles et lui accordaient la victoire sur leurs bulletins. Devant les caméras de SFR Sport, l’heureux vainqueur pouvait savourer son succès et ce qu’il augure : « Je savais que Fiordigiglio est un boxeur très dur. Cela a été difficile. J’ai fait ce qu’il fallait pour gagner la ceinture. On est parti la chercher et on y a cru. Je suis fier d’être champion d’Europe. C’est le fruit d’un travail de longue haleine. En France, on a tendance à surtout parler de deux super-welters, Michel Soro et Cédric Vitu. Aujourd’hui, je rentre dans la danse et je suis présent. On va avancer et l’on verra quelles seront les perspectives. »
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédit photo : La Gazette en Yvelines
 
 

 

 

 

Share |