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Boxe professionnelle

Ngumbu a tout tenté

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Le 04 Décembre 2017

 

Le 2 décembre, au Cannet, Doudou Ngumbu (37 v, 8 d) n’est pas parvenu à détrôner le Russe Igor Mikhalkine (21 v, 1 d), champion IBO des mi-lourds, contre qui il s’est incliné pour la troisième fois, aux points (117-111, 116-112, 116-112).
 
 
Bien décidé à jouer crânement sa chance, le Toulousain d’adoption abordait les hostilités sereinement et sans paraître tétanisé par l’enjeu. Pourtant, il n’avait eu qu’un mois et sept mises de gants pour préparer cette échéance puisqu’il remplaçait, presqu’au pied levé, Mickael Diallo, blessé. Les appuis bien ancrés au sol, nullement désireux de subir et de reculer, il s’efforçait de faire déclencher en premier le fausse garde Russe et de remiser dans le temps. Même si la droite du Congolais, plus actif que son rival seulement dans les premières minutes de leur duel, passait par intermittence, on sentait déjà que la tâche ne s’annonçait pas simple. Pourquoi ? Parce qu’Igor Mikhalkine a un don rare sur un ring : une aptitude déconcertante à faire déboxer - excusez le néologisme - ses rivaux. Sous ses airs de rien, hormis une réelle maîtrise technique et un sens tactique aiguisé, il a cette faculté d’annihiler les initiatives adverses. Non pas qu’il possède un point fort qui eut pu être phénoménal, le punch, le jeu de jambes, un bras arrière du tonnerre ou que savons-nous encore. Non, simplement, ses contradicteurs successifs viennent s’engluer sous ses coups et repartent bredouilles alors qu’ils nourrissaient - légitimement ? - l’ambition de pouvoir venir à bout de celui qu’ils ont trop souvent eu le tort de considérer comme un pugilistique prenable car loin d’être une terreur entre douze cordes.
 
 
Le scénario s’est réalisé de manière inexorable dans les Alpes-Maritimes. Le Sibérien a en effet savamment usé de tous les stratagèmes qu’il a en magasin : des blocages opportuns, des esquives millimétrées ainsi qu’un bras arrière à tête chercheuse, tantôt du foie, tantôt de la tempe de l’infortuné qui se présente en face de lui. Le tout saupoudré de quelques accrochages quand le Haut-Garonnais réussissait à le contrer ou à donner des uppercuts de près. Certes, la détermination et l’entrain de ce dernier n’étaient absolument pas en cause. Il s’évertuait à mettre en pratique les directives de son coin qui le sommait de répliquer à chaque offensive du champion et de se montrer plus entreprenant. Le problème est qu’il n’y parvenait pas faute de trouver la solution. De son côté, son opposant continuait à tisser sa toile, histoire de mettre le challenger échec et mat.
 
Mikhalkine meilleur ennemi des Français
 
Les échanges n’atteignaient jamais un sommet d’intensité. Au contraire, ils se succédaient sur un faux rythme, les deux protagonistes travaillant sur un mode alternatif, essentiellement au centre du ring, sur deux ou trois techniques sans réellement chercher à enchaîner. Sûr, à raison, de sa stratégie, le tenant marquait les points qu’il lui fallait, accompagnant les coups sans les encaisser de plein fouet, tournant du bon côté afin de s’épargner la droite du local et délivrant des séries simples mais précises, sans puissance dévastatrice ni flamboyance mais avec une terrible efficacité. « Ce qu’il fait, il le fait bien », résumait, au micro de Canal+, Fabrice Tiozzo.
 
 
A l’entame de la sixième reprise, Mohamed Bennama demandait à son élève de « travailler à toutes les distances et de ne pas laisser Mikhalkine pivoter » avant d’haranguer son protégé : « Tu le veux ? Alors, il faut y aller ! C’est maintenant ! Il est à ta portée. » En théorie, peut-être ; en pratique, cela était moins sûr. En effet, plus les reprises défilaient, plus le coup d’œil du natif d’Irkoutsk lui permettait de faire la différence. Excellant dans la liaison distance - mi-distance, capable de débiter tout en étant en mouvement et misant, en sus, sur son bras avant, il trouvait fréquemment l’ouverture dans la garde trop ouverte de Doudou Ngumbu qui, lui, avait tendance à se jeter et à toucher en bout de course. Dans le septième round, le Sudiste avait beau avoir un louable sursaut d’orgueil, dès qu’il rentrait, il se faisait crucifier comme à la parade, ce qui ne lui donnait seulement l’occasion de faire montre de ses qualités d’encaisseur. Le Russe reprenait donc les commandes et asseyait définitivement sa domination pour porter à sept le nombre de ses succès devant des pugilistes tricolores puisqu’auparavant, Karim Bennama, Hakim Chioui, Hugo Kasperski et Patrick Bois avaient également subi son implacable loi. Défait à la loyale par plus fort que lui, l’enfant de Kinshasa pouvait, quant à lui, nourrir la fierté de ne pas avoir grand-chose à se reprocher.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédit photos : Karim de la Plaine

 

 

 

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